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DJIHAD (I. Saïdi)

Salle Duccarroz (octobre 2020, dans le cadre du festival Friscènes)

Sous les gigantesques immeubles d’un quartier, assis sur un banc, Ben, Ismaël et Reda parlent de leur voyage imminent. Ils partent en Syrie pour faire le djihad.

Ces jeunes bruxellois désenchantés ne trouvent plus leur place dans la société. Chacun d’entre eux à son propre parcours de vie. Ben vouait une passion ardente pour Elvis Presley. Une fascination désapprouvée par son père. Il finit par se tourner vers un Islam radical lorsqu’il apprend que son chanteur favori portait un deuxième prénom juif. Reda souhaitait épouser Valérie, son amour d’enfance, une non-musulmane. Face à l’opposition de sa mère, il renonce. Ismaël, lui, rêvait de devenir un grand «mangaka». Mais un jour, l’imam de sa mosquée lui dit que l’enfer est le sort qui attend les dessinateurs. Ne sachant rien faire d’autre de ses deux mains, lui aussi se tourne vers une foi exacerbée. Les trois bras cassés veulent combattre les «mécréants» qui tuent leurs frères en Syrie.

Le spectacle Djihad nous invite à suivre leur périple, de Schaerbeek à Homs (en Syrie) en passant par Istanbul. Si le sujet est grave, la pièce joue la carte de l’humour. A travers leurs aventures, nous découvrons des hommes paumés, naïfs, drôles, humains et peu conscients de ce qui les attend en Syrie. Une fois sur place, les contours de leur foi deviennent de plus en plus flous. Qui est le réel ennemi ? Le chrétien avec qui ils partagent leur repas, les chiites qui sont de «mauvais musulmans», les sunnites comme eux, ou encore les drones, ces engins qui leur tirent dessus ? Ils se rendent compte qu’ils ne voient pas leur adversaire, qu’il est invisible, voire inexistant. C’est une fois arrivés sur ces terres hostiles qu’ils prennent conscience, finalement, que la Belgique est leur pays, malgré ses imperfections.                      

 

Toi, tu te tais (Narcisse)

Salle Duccarroz (avril 2021)

Le slameur suisse Narcisse s’attaque à l’emprise de la parole, à ceux qui nous ordonnent de nous taire: politiciens, chefs d’entreprises, maris indélicats… à la télévision aussi, dont on boit les paroles sans possibilité de réagir.

Des télévisions, il y en a neuf sur scène, qui sont des fenêtres sur le monde, des meubles, des instruments de musique.